Sunny Beach en Bulgarie: la fausse bonne idée de voyage à la mer en famille

sunny beach bulgarie allofamily

La destination : partir en famille à Sunny Beach, Bulgarie

J’ai déjà évoqué cette destination lors de précédents articles (comme nos voyages à Maurice ou à Punta Cana), généralement à titre de contre-exemple… Et voilà, je trouve enfin le courage de me replonger dans nos vacances en famille à en Bulgarie. Sunny Beach, au bord de la Mer Noire, c’est un peu la Côte d’Azur de l’Europe de l’Est…le bling en moins, la méga-foule en plus…mais ça on l’a manqué lors de nos recherches ! Bon je préfère vous prévenir tout de suite, je crois que l’écriture de ces lignes est une véritable catharsis, mais promis j’essaie de rester focus !

Commençons par le début, pourquoi ce choix de destination qui – je dois l’avouer – en avait surpris plus d’un ? Encore et toujours ces fameux baby-clubs bien sûr ! C’était l’été 2017. Nous souhaitions trouver une destination pas trop loin à l’étranger pour deux semaines. Nous avions trois critères qui sont difficiles à cumuler sans afficher un budget à 5 chiffres, surtout au mois d’août : 1) baby-club pour pouvoir se reposer quelques heures par jour ; 2) la mer ; et 3) une chambre confortable, si possible avec une séparation entre les parents et les enfants.

Nous avions pensé trouver le bon compromis via une offre Tui: l’hôtel Tui Family Life Nevis Resort à Nessebar en Bulgarie, appartenant à la station balnéaire Sunny Beach sur la Mer Noire. Il s’agit d’une destination en pleine expansion, qui s’est avérée être très prisée par les Européens de l’est, Russes, Turques, mais aussi les Anglais et Scandinaves…. (Nous qui imaginions une destination intimiste et originale on était bien loin du compte!). A titre d’exemple, à ce jour il faut compter pas moins de 1500 à 2000€ pour des vols allers-retours pour une famille de quatre personnes (2 adultes et 2 enfants).

Tui Fly, connaissez ? Non ? Vous avez de la chance !

L’avantage de Tui était d’avoir un vol direct – quand les compagnies régulières proposent systématiquement une correspondance à Sofia – mais par charter avec un stop à Metz, pour que des passagers descendent ou montent à bord. On s’était préparé à cette idée d’un voyage un peu plus long, mais certainement pas à ce qui va suivre.

La première partie du voyage (Paris-Metz) était en placement libre (si ça existe apparemment). Ce qui voulait dire qu’entre les personnes qui descendaient à Metz, celles qui montaient, et celles qui devaient retrouver leur siège numéroté pour la partie Metz-Bourgas c’était un mix catastrophique entre des chaises musicales et un champ de bataille (et oui, c’était aussi la ronde des bagages à main !). Et après cela, nous étions séparés tous les quatre! Pourtant ce n’est pas faute d’avoir appelé plusieurs jours avant pour réserver nos sièges. Mais la conseillère Tui m’avait recommandée de ne surtout pas payer le supplément car leur logiciel plantait souvent; mais qu’en plus jamais ils ne sépareraient une famille, surtout avec de jeunes enfants..!

Une fois à l’aéroport, le personnel au sol Tui nous avait dit de voir avec les hôtesses de l’air…et à bord, elles nous ont dit de nous débrouiller avec les passagers. Mon mari et #1 étaient dans une rangée où l’on n’a pas le droit d’être avec un bébé sur les genoux pour des raisons de sécurité. Et pas de chance, mes adorables voisins ont tout bonnement refusé d’échanger leurs places avec mon mari et ma fille ainée… car ils étaient à quelques rangées plus loin. Ben oui comprenez-les, ils seraient sortis au moins 1 minute après… Donc autant ce n’est pas mon genre, mais ma #2 a alterné les 3 heures de vol entre pleurs et tripotage de la voisine… Tout le plaisir est pour moi ! Voilà voilà.

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A Sunny Beach, difficile d’atteindre la mer

Revenons à Sunny Beach ; nous avions fait quelques recherches rapides sur TripAdvisor et savions que certains endroits sont fréquentés pour leur « night-life ». Mais notre hôtel était non loin de Nessebar : « L’une des plus anciennes villes d’Europe. Elle fut fondée par les Thraces environ 3000 ans avant la nouvelle ère et représente la ville la plus riche en architecture byzantine en Bulgarie. […] La ville a été inscrite dans la liste du patrimoine mondial d’Unesco en 1983 et a failli en sortir en 2010 pour cause de l’envahissement excessif de la petite presqu’île par les étalages des marchands vendant des souvenirs aux touristes » (source : la-bulgarie.fr/nessebar). Oups nous n’avions pas lu cette dernière phrase !!!

Sunny beach tôt le matin, 1 parasol par mètre carré – l’avis d’Allofamily.com

La plage, pourtant très belle, est tout bonnement bondée sur chaque centimètre carré – que ce soit sur l’espace public ou semi-privé (location de transats). A tel point que nous n’y sommes jamais retournés avec les deux filles à la fois, de peur de les perdre ne serait-ce qu’en clignant des yeux la première fois.

Et quant au bord de mer, il est parsemé de buildings récemment construits les uns à côté des autres. Et le village balnéaire le long de la promenade de plusieurs kilomètres est construit de toute pièce avec des snacks, restaurants et échoppes de souvenirs, de tatouages etc… Vraiment désolée de ne pas vous envoyer du rêve !

Parce qu’à Sunny Beach c’est carrément une vision 5D!! Allofamily.com

Le lieu : Tui Nevis Resort ****

Heureusement l’hôtel, flambant neuf, se situait en retrait sur les hauteurs de la station balnéaire avec une très belle vue sur la Mer Noire, à une dizaine de minutes à pieds.

L’établissement avait ré-ouvert ses portes quelques semaines avant notre arrivée, après une rénovation intégrale. Et pour le coup, c’était vraiment beau et agréable – pas forcément dans le style bulgare, mais plutôt dans un thème scandinave épuré mais cosy.

L’accueil fut plutôt rapide et efficace ; et nous étions enchanté de notre chambre. C’était d’ailleurs plutôt un mini-appartement qui comprenait une suite avec deux chambres et un salon, deux salles de bains et un petit balcon…vraiment super ! Y restant deux semaines, cela nous permettait de ne pas être les uns sur les autres. On s’était dit à la base que les filles prendraient une chambre et nous l’autre, afin de profiter du salon et de la terrasse quand elles dormiraient. Sauf que. Nous ne savions pas à quel point ces espaces nous seraient indispensables : hé oui mademoiselle #2 nous a fait ses pré-molaires (oui à un an, oui avant toutes les autres !) et ce fut un carnage à base d’aphtes, de sang, de pleurs … holàlala en y pensant j’ai des frissons (pour elle et pour nous!). Donc finalement on a isolé la grande dans une chambre pour qu’elle ne soit pas dérangée (mission accomplie) ; et on trimbalait le lit de #2 entre notre chambre (quand on était réveillé) et le salon (car elle pleurait même dans son sommeil mon bébé). Youpi c’est les vacances !

Tui Bulgarie, Main lobby: très belle déco scandinave – crédit photo: Tui

Des standards hôteliers différents?

Alors par contre, je ne sais pas si c’est dû à un manque d’expérience dans l’hôtellerie (malgré tout supposé 4 étoiles), mais ne comptez pas sur un quelconque service d’étage (ne serait-ce que d’avoir vos serviettes au nombre exact ou le réapprovisionnement en eau minérale). Et ce n’est ni les pourboires ni les 135 coups de fils au desk qui y changeront quoi que ce soit. Pour l’eau c’était des allers-retours réguliers à l’accueil (biberons pour mes deux filles obligent) ; et pour les serviettes j’en étais arrivée au point d’en piquer sur les chariots et de les planquer !!!

Mais à part les services (pas rien quand même), l’hôtel restait agréable car tout se faisait à pieds. Et si le complexe était un peu vallonné, tout était parfaitement accessible en poussette (pas de pliage, dépliage de poussette à l’horizon !).

Il y avait plusieurs aires de restauration (j’y reviendrai), un spa (heu .. non je préfère ne pas en parler; demandez-moi et je vous raconterai l’expérience la plus chelou du monde : le massage à la mousse !), une aire de spectacle sympathique, une zone dédiée aux enfants (baby-, mini- et kids-clubs), un espace fermé et climatisé pour les bébés, et plusieurs piscines (dont deux aires de Toboggan). D’ailleurs, petit aparté : c’est quoi le délire avec les toboggans dans cette région de Bulgarie, on peut en parler un instant ??? Lors de la navette en car, on a dû croiser une bonne quinzaine d’hôtel avec des toboggans tous plus fous et tarabiscoté les uns que les autres !

 

 Les activités : quelles activités ?

Malgré une équipe d’animation fournie et polyglotte (même si seulement un animateur avait des rudiments de français), les activités et sports proposés le long de la journée se résumaient au strict minimum : gym-aquatique, water-polo et tour de la mascotte Bamse (« nounours » en suédois) autour de la piscine avec les enfants (ma #1 cette grande froussarde en était terrifiée au début… puis hyper fière de lui tenir la main en fin de séjour #minivictoire). Pas de quoi tenir ses engagements de reprise du sport quoi…

Le vrai savoir-faire de l’équipe d’animation était pour les spectacles du soir pour les grands, comme pour les petits. Les animateurs étaient vraiment talentueux en chant et danse. Ajoutez à cela des musiques et décors sympas et ça donne une distraction plutôt chouette qui n’avait rien à envier à un Club Med sur ce point.

Les spectacles pour (et parfois avec) les enfants étaient vraiment chouettes et interactifs, même pour les plus petits : ma « grande » de trois ans s’éclataient tous les soirs à base de jeux et défis en équipe, danses et sketch c’était un vrai plaisir. Et même la petite de tout juste un an a appris à danser alors même qu’elle ne savait pas marcher quelques jours avant !

A noter quand même, la clientèle étant représentée essentiellement par des anglais et scandinaves qui ont pour habitude de dîner (trèèèèèès) tôt, il fallait s’aligner sur cette habitude pour que les enfants en profitent.

Des activités interactives pour les enfants – Allofamily.com

La restauration : clairement conçue pour une clientèle nordique et britannique

Alors c’était LE point noir de ces vacances pour moi qui adore manger…de bonnes choses ! Il y avait un restaurant principal et deux restaurants « à la carte ». Et j’insiste sur les guillemets ! Entre les repas, le snack de la piscine est ouvert puisque l’hôtel proposait un all inclusive systématique.

Bon comment ne pas paraître trop négative (qui a dit chieuse ?!)… Le restaurant principal fermait très tôt de mémoire (21h) et la terrasse était toute petite donc finalement on mangeait quasi tout le temps en intérieur. Tellement décevant ! Et la décoration avait beau être zen dans le thème scandinave, mettez des centaines de familles avec enfants dans un endroit clos et je peux vous dire que le seul mot qui vous vient à l’esprit est « assourdissant ». Ensuite le buffet était grand, mais constitué essentiellement de plats frits ou en sauce – même dans le coin des enfants. Les vins étaient absolument imbuvables (et il n’y avait pas de boisson vraiment à la carte), les cocktails à base de jus concentrés ou reconstitués… donc on était à l’eau quasiment tout le séjour. Bon ok, l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, mais de là à faire la diète totale pendant les vacances faut pas pousser (mémé) ! Mais encore une fois, cela reste une question de perspective les standards français en matière de vin ou de gastronomie peuvent paraître un brin too much en se mettant dans les baskets d’autres nationalités mais on ne se refait pas si?! 😉

Et alors les restaurants « à la carte » parlons-en ! Nous avions droit à deux réservations par semaine. Ouf, on peut s’évader de la cafet. Heu….oui mais non ! Car au final les plats proposés, certes sur une carte, sont les mêmes ou presque que dans le restaurant principal ET dans les deux resto à la carte.  Pareil pour les boissons (pas possible de commander une bonne bouteille, même en supplément). Mais au moins le cadre de chacun était agréable : l’un au bord d’une des piscines, plus intimiste, et le second avec une belle vue sur la mer (photo).

Belle vue sur la Mer noire, restaurant supposé « à la carte » – Allofamily.com

Et pour les enfants ? Supers structures, mais sortez votre agenda et votre chronomètre !

 A l’époque nos filles avaient 3 et 1 ans, et lors de la réservation quelques mois avant, on ne savait pas à quel point on aurait besoin de ces quelques heures de relâche no-kid ! En effet, la veille du départ, #2 s’est mise à marcher. Mais pas en mode je fais deux pas et je tombe, non non ! Directement elle était capable de courir, grimper sur des meubles bas etc – 30 ans de métier jamais vu ça !!! Ah oui… pour celles et ceux qui me découvriraient, je dois vous prévenir tout de suite : j’ai produit ces modèles energizers (mais mignons tout plein) qui – hors de la maison – ne s’arrêtent que pour dormir (la nuit, heu ou pas !).

Le mini-club était compris dans le prix, tandis que le baby- était en supplément (ce que nous savions, et qui est compréhensible compte-tenu des investissements nécessaires). J’ai photographié les  programmes et les horaires d’ouverture – désolée en super mauvaise qualité à l’époque je ne savais pas que je lancerai Allofamily! (cf. diaporama). Les infrastructures étaient propres et accueillantes, ainsi que les animateurs (enfants et bébés). Dommage ils n’ouvraient que par tranche de deux heures. Oui je sais, je pinaille me direz-vous ! Mais deux heures c’est très court (surtout pour compenser des nuits blanches).

Mais il y avait surtout un vrai souci avec les horaires des clubs enfants: ils n’étaient absolument pas synchronisés avec ceux de la restauration. Par exemple le petit déjeuner finissait à 09h30 mais les clubs enfants commençaient à 10h : pas trop le temps d’aller à la piscine, laisser les filles se baigner et revenir en 30min. En effet si on était en retard, ça n’avait pas de sens de les laisser pour 1h et quelques. Pareil le midi, puisque le restaurant ouvrait 30 minutes après la fermeture du club… ce qui laissait un temps hyper serré si jamais à la place on voulait les y mettre l’après-midi… On a connu mieux pour se détendre et oublier la montre. Au final, très rapidement on ne les y mettait plus que le matin (adieu sieste peinarde !!!). 

Conclusion : Tui n’iras pas deux fois !

(Désolée pour le jeu de mots pourris je n’ai pas pu m’en empêcher!). Vous l’aurez compris, j’aurais beaucoup de mal à recommander cet hôtel compte-tenu de ces souvenirs moyennement sympathiques … même avec du recul ! C’est sûr que nous sommes arrivés dans des conditions particulières : bébé qui fait ses molaires un an en avance et fatigue cumulée de l’année font rarement bon ménage.

Nous avons eu la chance de pouvoir nous évader dans d’autres hôtels de même standing affiché, en République Dominicaine au Mélia et à l’Ile Maurice au Club Med, la comparaison est implacable. Les prestations proposées ne sont absolument pas à la hauteur du standing (quatre étoiles) et je ne parle même pas du prix carrément indécent (ok c’et le mois d’août mais quand même). D’autant que l’hôtel appartient au groupe allemand Tui, premier acteur mondial!

Allofamily.com attribue au Tui Family Life Nevis Resort la note de 2.3/5 :

1.9/5 pour la qualité du voyage avec Tui Fly (never again !), 3/5 pour la qualité de l’Etablissement et ses infrastructures (avec 5/5 pour la Suite familiale quand même) ; et enfin 2.3/5 pour les prestations hôtelières, sauvées par les animations et le check-in rapide.

Et vous, avez-vous déjà été déçus par des vacances ? Partagez vos anecdotes en commentaires qu’on en rit ensemble et n’oubliez pas que je suis aussi présente sur Facebook et Instagram !

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2 réflexions sur « Sunny Beach en Bulgarie: la fausse bonne idée de voyage à la mer en famille »

  1. Merci pour cet article drôle et rafraîchissant, tout en étant très instructif avec une belle quantité d’informations très utiles.
    Le style d’écriture est vraiment chouette et très plaisant à lire.
    Bravo et bonne continuation.

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